Sibérie : Se rendre au Lac Baikal et sur l'île d'Olkhon

Comment se rendre depuis Irkoutsk sur l'Ile d'Olkhon ?


Le lendemain, Quentin se lève aux aurores direction l'aéroport pour vérifier si nos bagages ne sont pas arrivés avec l'un des deux vols de la nuit. Pour éviter les mauvaises surprises avec le taxi, il utilise cette fois Yandex (l’équivalent du Uber Russe qu'on vous recommande et qui fonctionne super bien). Pendant ce temps, je fais nos sacs et je réserve nos billets de bus pour rejoindre l’île d’Olkhon (la plus grande île du lac Baikal) aujourd’hui même. Le trajet est proposé directement par la réception de notre hostel à un prix qui reste plus que correct (1100 roubles P.P). Bien évidemment, il y a toujours moyen de s’arranger par ses propres moyens et de chercher l’arrêt de bus, etc. mais étant donné que notre temps est compté, nous préférons faire au plus simple.


Entre temps Quentin revient à moitié gagnant de l’aéroport : son sac est arrivé durant la nuit, le mien toujours pas. Mais c’est mieux dans ce sens-là, car dans notre couple, c’est bien lui la princesse et je ne crois pas qu’il l’aurait pris avec autant de philosophie… De plus, je pourrai, si nécessaire, lui voler l’une ou l’autre chose (pull, t-shirt, …). L’inverse aurait par contre été compliqué !


Le départ officiel pour Olkhon est fixé à midi et il va falloir que je fasse avec ce que j'ai comme affaires pour les 5 prochains jours sur l’île. J’ai donc avec moi (en comptant ce que je portais dans l’avion) : 2 t-shirts, un pantalon, un short et deux paires de sous-vêtements ... Pas si terrible finalement !


A midi pile, un petit bus passe nous prendre à l'auberge. On embarque avec deux autres clients de l’hostel en direction du centre-ville de Irkoutsk pour attendre d'autres potentiels clients. Il faut croire que notre chauffeur n'est pas très chanceux car après une heure d'attente nous ne sommes toujours que 5 passagers. Au rythme d’un client par heure, on se dit qu’on n’est pas parti ... Le mini-bus se met donc en route, pour aller attendre des passagers à un autre arrêt (si on peut appeler cela comme cela). Finalement, 2 autres personnes nous rejoignent et nous quittons Irkoutsk vers 14h.

La route jusque Olkhon dure environ 5 heures (ce fut un peu plus rapide pour nous car notre chauffeur semblait un peu pressé …). A la sortie d’Irkoutsk nous traversons de grandes plaines ainsi que des forêts de sapins avant de serpenter entre des petites collines rocheuses.On traverse aussi de temps en temps des petits villages isolés, constitués principalement de maisons en bois. 


Traversée du Lac Baikal et arrivée sur l'Ile d'Olkhon


Après 3h30 de route dans ce paysage agréable et dépaysant, nous arrivons à un embarcadère sur la rive ouest du Baikal (à Sakhuyrta). Nous embarquons à pieds (nous devons descendre de la voiture, elle embarque en dernière) sur un ferry afin de rejoindre l’île d’Olkhon : la traversée dure une dizaine de minutes et le paysage est à couper le souffle. L’eau est d’un bleu profond incroyable et le soleil perce même les nuages par moment et se reflète dans l’eau, on en prend vraiment plein les yeux !


Montagne et lac Baikal en arrière plan

Malgré la beauté de l’endroit, c’est le mois de juillet et le vent est froid, nous sommes donc contents d’enfiler nos vestes. En hiver, lorsque le Baikal est gelé (de novembre à fin mai environ), la couche de glace est suffisamment épaisse pour que les voitures roulent sur le lac. Quentin me promet alors que nous reviendrons un jour voir le lac couvert de glace et j’ai déjà hâte.


Nous accostons au Sud de l’île. Ici, les routes ne sont plus goudronnées et notre chauffard de conducteur à bien du mal à faire le pilote car à plus de 30 km/h son petit van souffre beaucoup. Pendant 1 heures nous sommes secoués comme des cocotiers (je déteste cela, les vibrations me donnent toujours des chatouilles partout sur le corps ce qui est très désagréable). Au terme du trajet, nous arrivons enfin à Khuzir, la « capitale » d’Olkhon. Contrairement à cette appellation, on vous rassure tout de suite : Khuzir c'est un petit village avec ses rues en terre, ses maisons basses en bois/tôles ou en béton, même s’il y a un peu plus de monde que ce à quoi nous nous attendions (se sont surtout des touristes chinois et russe).


Se balader dans Kuzhir, capital d'Olkhon :

Guest House Chez Diana à Khuzir sur l'île d'Olkhon
Maison de Diana sur la rue principale de Khuzir

Lorsque nous débarquons à Khuzir, nous trouvons notre Guest House « chez Diana » assez facilement (il faut dire que la maison était violette, ça ne passe pas inaperçu ...). On nous réserve un accueil chaleureux, dans une petite maison de plein pied où cohabitent les locaux et les touristes en visite. La famille développe même son petit business en construisant des chalets en bois dans son jardin. Nous posons rapidement nos affaires dans notre petite chambre (rustique mais fonctionnelle) avant de partir se balader.


Il n'y a pas grand-chose à faire à Khuzir si ce n'est déambuler dans les rues ou alors flâner sur la côte pour admirer le "Rocher du Chaman", l’attraction de la ville. Comme la journée touche à sa fin, c’est là que nous décidons de nous rendre afin d’admirer le rocher lors du couché de soleil. Quelques autres touristes (nous sommes peut-être une dizaine sur cette plage) se baladent également sur la côte, ce qui, vu l’immensité s’étendant devant nous, nous parait ridicule. On décide alors de se poser dans l’herbe pour regarder le soleil qui disparaît derrière les montagnes sur la rive d’en face. Nous profitons pleinement du spectacle et des couleurs chatoyantes qui s’épanouissent devant nous : quel bonheur d'être perdus au milieu de la Sibérie avec nul autre soucis que de profiter du spectacle.


On finit la soirée par réserver notre excursion du lendemain chez Nikita (« the place to be » pour les backpackers : c’est comme un petit village dans la ville qui ne cesse de s’agrandir au fil du temps : chambres, restaurants, …). C’est un bel endroit qui offre de nombreuses commodités et possibilités de location, cependant, cela peut s’avérer assez onéreux et c’est quand même bien touristique, même si l’ambiance y est super chaleureuse !


Le repas du soir sera simple : dans un petit « restaurant » en rondin de bois, où nous trouvons une carte en cyrillique avec une traduction très sommaire en anglais, on finit donc par choisir plus ou moins au hasard, ce qui nous réussira plus ou moins.


Boat trip et road trip jusqu’à la pointe nord de l’île :​

Le réveil sonne : nous avons rendez-vous chez Nikita à 9h. En arrivant à 8h45 on nous fait comprendre qu'on est en retard et un brave homme se presse de nous amener au port (pourtant, on croyait être en avance …). Nous embarquons alors sur un petit bateau où nous attendent déjà 3 russes et 3 chinois ainsi que l’équipage.

Le programme de la matinée est simple, nous longeons la côte ouest en bateau jusqu'à la pointe nord de l’île, nous permettant d’admirer la côte et les petites îles (citons entre autre le « Rocher du lion » qui garde une symbolique toute particulière pour nous, on vous racontera plus tard). Après une petite heure de navigation paisible, le vent venant du nord se lève et le bateau s'agite de plus en plus. Le froid vient également nous rappeler que nous sommes en Sibérie même si c’est le mois de juillet. Vers midi on nous sert un repas de soupe de poisson et pain dans la cale : nous y descendons mais à peine 5 minutes plus tard, je suis vite rattrapée par le mal de mer et je remonte sur le pont … Il faut dire que le Baikal n'a d'un lac que le nom car l'immensité de la zone et les vagues qui frappent la coque du bateau nous donnent l’impression d’être en pleine mer. Et cela se confirme d’autant plus quand nous atteignons la pointe nord de l’île.


Une étendue bleue qui semble sans fin s’étale devant nous : On nous dit alors que le lac s’étend sur plus de 200 km vers le nord et qu’a l’endroit ou nous nous trouvons, la profondeur est de 1500 m. On comprend mieux pourquoi il est appelé « réservoir d’eau douce du monde ». Nous restons sans voix devant cette immensité. (Il parait même qu'en hiver, la glace est tellement transparente que l'on peut voir le fond à certains endroits ce qui peut provoquer des sensations de vertige (idem chez les plongeurs)). 

Le bateau dépasse la pointe nord de l’île et continue sa route afin d’accoster un peu plus loin au nord-est. Ici, nous montons dans un petit van soviétique afin de faire le chemin du retour jusque Khuzir par la voie terrestre. Différents arrêts sont prévus en cours de route, et nous permettent d’observer les mêmes lieux que sur le bateau mais d’un autre point de vue, ce qui, je dois l’avouer, à un charme incroyable. Un des arrêts est prévu pour se baigner dans le lac (à 8-10° l'eau, nous n’avons pas été assez courageux et on s'est contenté d'y mettre nos pieds). Finalement, nous arrivons en fin de journée à Khuzir après avoir pu admirer : l’île aux oiseaux, le rocher du Lion, ...


Randonnée et Camping à travers l’île :

Le jour suivant, nous décidons de louer une tente (chez Nikita) et de partir camper au nord de Khuzir. Nous partons vers le nord via la plage. Après avoir marché quelques kilomètres nous arrivons enfin au bout de cette interminable plage d’où nous apercevons les grands plateaux que nous avons pu observer la veille depuis notre bateau. Là, nous sommes un peu surpris : On pensait se retrouver rapidement seul au monde mais en réalité, l’île compte de nombreux chalets un peu partout ainsi que pas mal de campeurs en vacances.

Une quinzaine de km dans les jambes, Quentin, en grand marcheur/randonneur qu’il est, me fait comprendre qu’il en a marre. Oui oui, vous ne rêvez pas, nous avons donc marcher environ 3-4h maxi ! Cependant, la zone est magnifique et nous sommes entourés de petites dunes couvertes de verdures juste au bord de l’eau ! Nous continuons un peu notre marche afin de trouver un lieu qui nous convienne pour planter notre tente le long de la côte, vue sur lac.



Touriste sautant en l'air sur les plaines du l'Ile d'Olkon

C’est face au rocher du lion (souvenez-vous, je l’avais cité un peu plus tôt, c’est en fait un rocher qui ressemble à s’y méprendre à l’animal), entre deux petites dunes, à l’écart de toutes autres personnes, que nous trouvons finalement notre bonheur. Il est encore tôt, on se balade aux alentours, on profite du silence, j’écris dans mon carnet nos péripéties (j’en emmène un pour chaque voyage afin de garder un souvenir de mes périples), nous jouons aux cartes, … Lorsque le soir tombe, nous allumons un petit feu dans un rond de pierre déjà existant (on apprendra par après que l'on n’en avait absolument pas le droit) et nous mangeons nos rations achetées le matin même au petit magasin de Khuzir. Le fromage qui nous faisait de l'œil était immangeable, on se résigne à manger des tortillas au chocolat grillées sur le feu : pas très typique mais original.


Cette soirée fut magique et inoubliable à tout jamais. Nous l’avons passées assis devant notre tente à côté de notre petit feu de bois, mangeant nos tortillas et contemplant le soleil se coucher derrière le rocher du lion. Quentin m’avait fait sa demande quelques minutes plus tôt, nous étions donc fiancés et une nouvelle bague brillait à mon annulaire … Nous avons donc passé notre première nuit de fiancé dans une tente au confort rudimentaire.

Après cette première nuit en tant que fiancés dans cette tente rudimentaire, il nous faut nous remettre en route le lendemain matin. Nous prenons notre temps puisque nous n’avons pas marché bien longtemps la veille et qu’aujourd’hui, nous retournons à Khuzir. Cette fois-ci, au lieu de couper à travers les dunes le long de la côte, nous décidons de suivre la route. Après ces petites heures de marches nous sommes de retour chez Diana. Nous passons le reste de la journée à écrire des cartes à nos proches, à se balader, à discuter, … J'en profite aussi pour faire une petite lessive, en croisant les doigts pour qu’à notre retour à Irkoutsk, mon sac sera enfin arrivé. ​

C’est ainsi que nous prenons la décision de rentrer à Irkoutsk dès le lendemain (un jour plus tôt que prévu). Comme nous n’avons toujours pas de nouvelles de mon sac, on se dit qu’il est plus prudent d’avoir un peu de temps en ville. En effet, si ma valise n’est toujours pas arrivée, nous devrons faire quelques achats avant de partir pour la Mongolie.

​Nous réservons donc notre trajet retour directement chez Diana (1000 roubles pp) avec le premier bus du lendemain.


Informations pratiques sur la randonnée sur Olkhon


Pour info, normalement l'île d'Olkhon est une réserve naturelle et un droit d'accès doit être payé à l'office du tourisme (près du supermarché) pour s'aventurer en-dehors de Khuzir. Pour notre part on était pas au courant et on l'a donc pas payé (en plus l'office du tourisme est souvent fermée). Aussi sachez que normalement seul l'accès à la moitié ouest de l'île est autorisée et pas la partie est (des cartes existent avec les zones interdites). Bon après on a jamais vu personne qui contrôlait ... Sinon par rapport aux animaux sauvages il n'y à priori aucun risque de tomber sur des animaux dangereux. Il n'y a pas d'ours sur l'île et les lynx s'ils y en a fuient les hommes et se situent plutôt sur la partir ouest de l'île.


La suit de nos aventures c'est par ici


#Lac #Baikal #Sibérie #Olkhon #Russie #Transsibérien #Blog #Voyage

0 commentaire